La glissade de l'été : mythe ou réalité?
Ce que les parents doivent savoir
L’été, c’est fait pour relaxer, c’est vrai. Mais entre deux cornets de crème
glacée, il y a un risque bien réel : la glissade de l’été, cette perte
d’apprentissages qui touche chaque année des milliers d’élèves du primaire
et du secondaire. La bonne nouvelle? Pas besoin d’être un expert ni de
dépenser de l’argent pour faire une différence.
En tant qu’orthopédagogue, je vous le confirme : ce sont souvent les gestes
simples et réguliers des parents qui protègent le mieux les enfants, peu
importe leur niveau ou leurs défis.
C’est quoi exactement, la glissade de l’été?
C’est une perte des acquis scolaires pendant les vacances : lecture, écriture,
calcul, mémoire… en septembre, plusieurs enfants reviennent à l’école avec
un petit recul. Cela touche tous les enfants, mais davantage ceux qui ont des
difficultés ou moins de stimulation à la maison.
Tous les élèves sont-ils touchés de la même façon?
Non. Voici quelques facteurs qui influencent la glissade de l’été :
- Les élèves en difficulté (dyslexie, TDA/H, trouble du langage, etc.)
risquent de perdre davantage, car les apprentissages sont souvent
moins consolidés.
- Les élèves sans difficulté peuvent aussi vivre un ralentissement, surtout s’ils ne sont pas exposés à des activités stimulantes.
- Le contexte familial joue un rôle crucial : l’accès aux livres, la régularité des routines et le temps passé devant les écrans influencent beaucoup le maintien des acquis.
Pas besoin d’un bac en éducation pour agir
Pas besoin de cahiers coûteux, d’activités payantes ou de parents experts. Il
suffit de prendre 10 à 30 minutes par jour, de façon détendue, pour intégrer
l’apprentissage dans le quotidien.
Pour les 5 à 7 ans (1re et 2e année du primaire)
- Lire une petite histoire chaque jour : dans le lit, dans l’auto, dans le parc.
- Jouer aux devinettes de sons : « Je pense à un mot qui commence par F… »
- Compter les marches, les pommes, les voitures rouges : les maths sont partout!
- Écrire la liste d’épicerie ensemble ou leur prénom en lettres colorées.
- Parler d’un film en famille, c’est de l’argumentation orale.
- Petit + : Les enfants adorent qu’on les laisse « enseigner » à leurs peluches ou à leurs petits frères. Laissez-les jouer au prof!
Pour les 8 à 11 ans (3e à 6e année)
- Lire chaque jour 15 à 20 minutes, peu importe le type de texte : BD, recettes, magazines, romans jeunesse.
- Faire des jeux de mots : pendu, mots croisés, cherche et trouve.
- Cuisiner ensemble : lire la recette, mesurer, diviser, planifier.
- Tenir un petit journal de l’été ou écrire une lettre à un cousin.
- Parler d’un film en famille, c’est de l’argumentation orale.
- Petit + : Faites-leur écrire les règles d’un jeu inventé. C’est amusant et très éducatif!
Pour les 12 à 17 ans (secondaire)
- Lire un livre ou un article par semaine, selon leurs goûts (sport, musique, technologie…).
- Planifier un budget fictif pour un voyage ou organiser une activité.
- Écouter des balados en français pendant qu’ils marchent.
- Création d’un podcast
- Parler d’un film en famille, c’est de l’argumentation orale.
- Réviser en ligne avec des quiz gratuits ou des applications éducatives (Alloprof, Quizlet…).
- Petit + : Leur demander d’expliquer un concept appris à l’école (fraction,
- événement historique, etc.) stimule la mémoire de façon puissante.
Pour les élèves ayant des difficultés d’apprentissage
- Privilégier des activités courtes, répétitives et valorisantes.
- Utiliser des applications éducatives simples et motivantes.
- Maintenir une routine légère avec un horaire semi-structuré (ex. : 30
- minutes de lecture le matin, petits défis ludiques après le dîner).
L’été peut devenir un tremplin
Plutôt que de voir les vacances comme une pause totale, on peut les
envisager comme une occasion de renforcer des compétences dans un
cadre plus détendu. L’objectif n’est pas de faire l’école à la maison, mais
de maintenir un minimum d’exposition aux apprentissages pour éviter un
retour trop difficile en septembre.
Ce que tous les parents doivent retenir
Oui, la glissade de l’été existe.
Non, ce n’est pas une fatalité.
La glissade de l’été est réelle, mais peut être réduite avec quelques gestes
simples.
Le plus important : maintenir le plaisir d’apprendre, même l’été.
Tous les enfants gagnent à être accompagnés, selon leur rythme et leurs
besoins.
Même 10 minutes par jour, ça compte. Le plus important n’est pas ce qu’on
fait, mais comment on le fait : dans le plaisir, sans pression, avec
bienveillance.
Des petits gestes, de grands effets. Chaque moment du quotidien
peut devenir une occasion d’apprendre
En conclusion
Vous êtes le meilleur outil pour aider votre enfant à garder le cap cet été. Pas
besoin d’argent, juste un peu de temps, de régularité et beaucoup d’amour.
Suivez-moi chaque semaine pour d’autres conseils simples et concrets!
Vous avez une question? Vous pouvez toujours m’écrire : je suis là pour
vous accompagner.